La cyberreligion des baby boomers
D’ici à l’an 2000, les préoccupations des individus nés au moment du boom des naissances après-guerre seront d’ordre numériques ou, (pour reprendre les anciens paradigmes) philosophiques et spirituelles. Durant leurs jeunesses ces individus se sont enivré d’esprit de façon quelque peu adolescente et inégalée. Dans leur révolte contre l’usine culture, ils ont su réinventer leur monde partant de leurs racines tribales et paganes ; ils se sont initiés à l’Hindouisme, au Bouddhisme, à la sagesse des Indiens Natifs Américains, la Magie et à la Sorcellerie, Au Voodoo Ann Harbor, au Yoga Esalen, au Yi King et au Taoïsme, Aux Exorcismes du Pentagone, à la réincarnation en 3D, Love-Ins, et aux Célébrations Psychédeliques.
Cette génération, souvenons-nous, a été désenchantée par les religions, les politiques, les fonctionnements économiques de leurs parents. Ils ont grandi sous la menace de la guerre nucléaire, vivant l’assassinat de leurs leaders bien aimés ; la crise des sociétés industrielles ; une dette intérieure impossible à rattraper ; les fondamentalismes religieux, (chrétiens juifs islamiques) hurlant fanatiquement leur haine et leur intolérance...Ils ont acquis des déficiences immunitaires, et devant une négligence incompréhensible de toute écologie, ils ont su développer une forme saine de scepticisme vis-à-vis des solutions collectives.
Que la génération du baby boom ait créé une psychologie des navigations individuelles, cela ne fait aucun doute. L’idée est à la base l’auto- responsabilité. Nous ne pouvons nous permettre de dépendre de quelqu’un d’autre pour résoudre nos propres problèmes. Commençons par le faire par nous-même... « with a little help from your friends »
La religion du « Do It Yourself »
Puisque Dieu numéro 1 est vraissemblablement retenu en otage de partout, par les Ayatollah perses assoiffés de sang, par le télégénique pape polonais et par la Moral Majority, alors il n’y a qu’une seule alternative logique. Sillonner son bout de chemin. Avec vos amis vous créez votre propre religion. Le Temple, c’est bien sûr votre corps. Vos esprits écrivent la théologie. L’esprit saint émane de cette intersection infiniment mystérieuse entre votre cerveau et les cerveaux de votre équipe. Parvenir ne serait-ce qu’aux banlieues du Paradis suppose une navigation correcte et une planification de votre part. L’enfer est une série de fautes qu’on peut racheter. Un détour dû à une défaillance de votre relecture du plan de parcours. Un cycle d’erreurs.
Rétribuez-vous en faisant que vos choix vous mènent à l’amitié et aux plaisirs. Créer un cycle cybernétique basé sur des engrenages positifs. Ce n’est que d’un état de libre authenticité que le moindre signal réellement empathique ne peut être émis vers les autres.
L’administration d’un état personnel
La gestion et le commandement d’une singularité mène à une carrière très occupée. Une fois l’individu s’est-il établi comme religion, pays, entreprise, réseau informel, et univers neurologique, il est nécessaire de stabiliser les équivalents personnels des services et des missions à l’œuvre dans cette démocratie. Cela implique de former des alliances privées ; et en exprimant des plates formes politiques personnelles, de se diriger soi-même dans ses relations proches ou lointaines, d’établir des polices de transactions, des programmes de sécurité et de défense, des projets qui « instruisent et divertissent ». Pour le positif, on peut être libre de la dépendance envers les bureaucraties, bénédiction inestimable. (Des agents libres peuvent par ailleurs nouer des relations temporaires avec des organisations et leurs officiels) Si les pays ont une histoire et des origines mythiques, pourquoi pas vous aussi ? Les Mythologies personnelles
Sondez et re-sondez votre propre banque génétique mémorielle, les anciens testaments de votre adn y compris si vous le souhaitez les incarnations passées, les archétypes jungiens, des pré incarnations funky dans tout futur possible à imaginer. Écrivez votre propre Nouveau testament ; souvenez vous que le martyre volontaire peut parfois être de mauvais goût ; que les crucifixions, comme les guerres nucléaires, peuvent ruiner vos jours.
Il vous est possible, avec vos amis, de réaliser ce qu’au nom de leur dieux les grands empires, les grandes religions et les grands groupes raciaux ont pu réaliser. Et il est certain que vous le ferez mieux, vu le palmarès... Il serait impossible à votre Etat Personnel de produire autant de persécutions, de massacres et de comportement sectaires, actuels ou plus anciens. Il n’y a que vous, et même avec l’aide de vos amis, l’ensemble des nuisances que peuvent infliger des individus reste insignifiante comparativement à celles qui peuvent provenir du collectif.
Par ailleurs vous êtes les enfants des années soixante et quatre-vingt-dix. Formés à désirer un monde pacifique, tolérant en même temps que drôle. Vous pouvez vous permettre de façonner vos dieux subtils, plein d’humour, attirants et doux dingues.
Irrévérence, le code d’accès au vingt et unième siècle.
La société humaine est arrivée à un tournant dans la mise en œuvre des programmes numérique d’évolution, un stade auquel les prochaines étapes de l’évolution commencent à se dessiner. A surfer à loisir.
Dans un futur proche les méthodes des technologies de l’information, de l’ingénérie moléculaire, des bio et nanotechnologies ( échelle de l’atome) des programmations quanta digitales pourrait faire que la physionomie humaine ne soit plus déterminée que par quelques lubie, mode, ou choix temporaire.
La sanctification de l’image de notre corps, en même temps que l’irrationalité des tabous relatifs au sexe et à la mort, semble persister en temps qu’un des anachronismes les plus résistants dans la pensée à l’ère industrielle. L’être humain du futur pourrait être un hybride bio informatisé, de toute forme souhaitée, ou entité électronique dans l’univers informationnel digital.
L’humain comme programme. Ou l’humain dans les programmes
La forme de vie électronique qui correspond à la dimension de l’homme dans les programmes est plus étrange aux concepts actuels de notre humanité. Le stockage d’un système de croyance individuel sous la forme d’un ensemble structuré de données interconnectées, s’il est dirigé par les bons programmes, un appareil neuronal peut œuvrer dans la silice de la même façon qu’a pu se modéliser le cerveau dans la masse de chair, et en même temps plus rapidement, de façon plus prévisible et auto adaptative, enfin même, si on le souhaite tels les immortels.
Les post humains intelligents non seulement seront capable de se transmuter eux-même de façon électronique, et ce sous la forme de virus informatiques aptes à traverser les réseaux informatiques en se repiquer eux-mêmes par mesure de garantie contre les suppressions volontaires ou accidentelles.
« Qu’y a t-il sur ce disque informatique ? » " Rien d’intéressant, jeune Leary. On va le reformater.
Pour spéculer on peut imaginer que de telles formes humaines de type virus existent déjà en nos systèmes informatiques. Ces derniers conçus avec recherche, il serait extrêmement difficile, voire de fait impossible en pratique de pouvoir les détecter. Les programmes actuels ne permettent pas d’associer la vitesse opératoire de temps réel avec la complexité parallèle des cerveaux conventionnels. Or l’échelle temporelle d’une opération est subjective d’où non pertinente, sauf en terme d’interface.
Bien sûr, il n’y a aucune raison de restreindre une manifestation donnée à une forme particulière. A l’aide de contraintes physiques se réduisant au fur et à mesure( parfois peut-être au vu de restrictions économiques obligatoires), on pourrait être en mesure de pouvoir adopter toute forme désirée.
Vu la facile reproductibilité de l’information stockée de façon informatique, il pourrait être possible d’exister simultanément sous plusieurs formes. Fonctionnant de façon indépendante et présente à tout point de la branche, une intelligence persisterait sous chacune de ces formes. Où en ces circonstances les « je » sont une question pour les païens hi-tech et les philosophes numériques.