PREFACE
Le symbole n’est ni une image reproduisant telle chose ou telle idée déterminées, ni une inscription à sens limité. Le symbole est une clef qui ouvre des portes, mais encore faut-il avoir la capacité de voir les trésors cachés derrière ces portes.
Le symbole que nous offrons ici au public porte le nom d’HORLOGE AUM. C’est la clef qui permet de comprendre que la même Loi préside à la naissance d’un enfant, à la renaissance d’un individu mort pour la vie matérielle et refait pour la vie spirituelle, et à la triple péripétie du monde visible, qui se répète sans cesse, selon un rythme éternel : le soir, la nuit, et le nouveau matin. Ce rythme correspond aux phases successives et éternelles de la Divinité, dont la Vie se manifeste tantôt sous l’aspect du Père, tantôt sous celui du Fils et tantôt sous l’aspect de la Mère. C’est d’abord la Chute, c’est ensuite la Lutte contre la Chute, et c’est enfin la Victoire du Renouveau Divin à travers la Mère-Nature. Mais le Renouveau, qui ne dure qu’un temps, détermine une nouvelle Chute, suivie d’une nouvelle Lutte, et ainsi éternellement. La haute sagesse de cette Volonté désintéressée échappera toujours à l’esprit vulgaire, qui n’agit que par intérêt, mais l’individu purifié en conçoit la beauté.
L’HORLOGE AUM, qui nous vient des Indes et de l’Égypte, et dont nous avons expérimenté nous-mêmes la vertu, est construite comme suit : Il y a d’abord un cadran, pareil à tous les cadrans du monde avec cette différence, toutefois, que le mouvement des heures y est supposé de droite à gauche et non de gauche à droite, comme c’est le cas pour les horloges solaires.
À onze heures la Chute commence. Elle est indiquée sur notre dessin par la ligne, noire et épaisse, qui, en partant du chiffre 11, passe successivement au deux, au dix, au quatre et au huit, pour pénétrer finalement dans le six, représenté ici par le Sceau de Salomon, c’est-à-dire par les deux triangles entrelacés, qui symbolisent la Chute de la Divinité dans la Matière (ou Nature) et la Volonté du Renouveau Spirituel de cette dernière à travers l’Homme. Ce même symbole, comme d’ailleurs le dessin AUM dans son ensemble, représente également la respiration, qui se compose de l’aspiration, de l’expiration et du repos. La ligne, brisée au 2, au 10, au 4 et au 8, est la ligne féminine, parce que la Chute s’opère à travers la femme et dans la femme, pour l’homme, et dans la Nature, pour Dieu. Tout étudiant de la Sagesse doit méditer longuement cette Vérité essentielle. Mais pourquoi la ligne de la Chute est-elle brisée, et pourquoi le chemin féminin est-il tracé à travers le deux, le dix, le quatre et le huit ? En d’autres termes : que signifient ces chiffres ?
La science que nous possédons répond ainsi : Le 11 symbolisant l’Entrée (de l’homme dans la femme, et de Dieu dans la Nature), le 2 représente le mariage des deux éléments contraires et, par conséquent, le point de départ d’une nouvelle orientation. C’est la formation d’un angle. Le chiffre 10, étant le résultat de la multiplication de 2 par 5, et ces deux signifiant respectivement le féminin et le masculin, nous avons, dans notre dessin, à l’heure 10, une sorte de défaite de l’Homme, précipité dès cet instant, avec la femme, dans la profondeur de l’Enfer (de la Matière). A l’heure 4, les deux éléments contraires s’équivalent. C’est alors la crucifixion de l’Esprit sur le Bois Sacré de la Nature ; c’est la Douleur de l’homme qui abdique et c’est la souffrance de la femme fécondée. Un angle nouveau oriente alors la route noire vers le 8. Ce chiffre signifie le premier jour de la nouvelle période, en laquelle la femme domine l’homme, tandis que la Matière emprisonne l’Esprit dans la profondeur de ses entrailles. Nous sommes, à l’heure 8, au seuil du gouffre, dans lequel on meurt ou revit. Le chiffre six, qui est la limite de la Chute, détermine la Renaissance. Ceci est un grand mystère pour le profane et la plus belle lumière pour l’initié. L’individu appartient au péché, mais celui qui remonte, dès cette minute, renaît à la vie éternelle. Ce passage est dangereux pour bien des hommes, mais le Fils de Dieu triomphe et renaît. C’est le mystère de la Victoire du Christ. Du 7 au 5, et du 5 au 9, puis du 9 au 3, et du 3 au 11, le Victorieux remonte dans la spiritualité, selon la ligne claire de notre dessin. A chaque angle (et ce sont les angles masculins), les vertus spirituelles de l’homme augmentent, et il arrive devant la Porte (le chiffre 11), fort de pouvoirs nouveaux. Cependant, devant cette porte, l’épreuve suprême l’attend. Ici l’homme revoit la femme, son épouse. Il est invité à s’y replonger, mais en restant sec, c’est-à-dire en empêchant l’énergie sexuelle de se cristalliser, afin de l’offrir totalement à l’Esprit. Cette épreuve est très dangereuse, car une chute à cet instant entraîne la perte de la raison. Mais le Victorieux est projeté aussitôt dans le 1, qui détermine ou signifie sa libération de la prison de la matière. Il est sacré Roi, et acquiert le pouvoir de gouverner les hommes…
Le Rite Sacré de l’Amour Magique est l’histoire de la formation naturelle d’un tel Roi. Nous offrons ce livre à la méditation des lecteurs, parce que trop de méthodes diverses tendent aujourd’hui à faciliter l’Expérience Magique Royale par des moyens artificiels qui flattent l’orgueil, mais offensent Dieu et n’aboutissent qu’à des demi-résultats, dits « scientifiques ». Le résultat parfait allume les trois étoiles de la Sagesse, représentées dans notre dessin par les chiffres 1, 3 et 2, disposés respectivement par-dessus le 1, le 12 et le 11 du cadran. A elles trois ces Etoiles forment le Triangle Divin, composé du Père, du Fils et de la Mère ; mais dans notre histoire le 3 (l’Etoile de la Mère) et le 2 (l’Etoile du Fils) s’allument seuls, parce que nos héros (Micha et Xénia) n’ont pas accompli le rite, plus important encore, du Second Mariage, lequel est réservé à la formation du Messie. (1 = 5)
Cette dernière Etoile, qui s’appelle l’Etoile brillante du Matin, n’appartient pas à notre époque, parce que notre souffrance n’est pas encore terminée : l’humanité commence à peine son élévation vers l’Esprit, et l’ère du Troisième Terme doit passer avant la venue sur notre terre du Roi-Messie.
MARIA DE NAGLOWSKA













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